Quelle est la société dans laquelle je veux vivre, quelle est la société que je veux construire avec et pour nos enfants ?

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Article de Christelle Chabredier.

Les circonstances amènent ce questionnement.

Assemblée Nationale, le 2 décembre 2019, colloque de célébration des 50 ans de la FNEP.

Je prenais la parole pour synthétiser la table ronde « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? ». Je rappelais l’épilogue de la légende du colibri : épuisé par ses allers-retours incessants pour contribuer de sa modeste goutte d’eau à tenter d’éteindre l’incendie de la forêt, il meurt.

Le moment est venu de montrer que nous ne sommes pas des colibris mais des femmes et des hommes aux capacités et à l’intelligence remarquable. Pourquoi se contenter de contribuer à la hauteur d’une goutte d’eau quand nos capacités individuelles et collectives sont bien supérieures ?

Et si la fin de la pandémie marquait la fin de la sidération et le passage à l’action ?

Aujourd’hui en 2021, la question posée n’est plus « Quelle planète laisserons nous à nos enfants ? » mais « Quelle est la société dans laquelle je veux vivre, quelle est la société que je veux construire avec et pour nos enfants ? ».

Le moment est venu d’accepter que la liberté d’expression est l’affaire de tous et de chacun.
Le silence est nécessaire au son.
Le blanc de la feuille est nécessaire au texte.
L’absence met en valeur la présence.
Le non donne une valeur au oui.
L’avoir n’est plus une raison d’être.
Les auxiliaires avoir et être servent à la formation des temps composés.
Et si nous devenions les compositeurs d’un temps qui ne serait plus imposé ?
Et si nous mettions de l’optimisme, de la joie, de la flexibilité, de la souplesse, de la fantaisie, de la poésie dans nos vies ?
C’est bisounours ? Et alors !
Qui n’a pas besoin de bisous ?
Qui a honte de son nounours, de son doudou et de l’enfant qu’il a été ?
Qui n’a pas rêvé de changer le monde ?
Qui n’a pas souhaité inventer des mots nouveaux pour « dire le monde » ?

#sobériser, innover pour un monde durable.

Ce concept, ce verbe d’action auquel nous avons donné vie collectivement, restent pour nombreux de nos lecteurs une énigme. Avouer que l’on n’a pas vraiment compris, oser demander des précisions n’est pas toujours chose aisée. On redoute d’être moqué.

Plus généralement, les personnes en délicatesse avec l’orthographe ou le numérique, voire les personnes concernées par ce que l’on qualifie d’ « illectronisme » ne viendront pas spontanément vers vous pour vous avouer leur incapacité. En déployant des trésors d’ingéniosité pour compenser, pour se surpasser et surtout passer inaperçus…ou presque, ils sont des modèles. Car ces personnes-là sont justes incroyables, imprévisibles, imaginatives et sont capables de changer le monde sans que personne ne perçoivent la puissance colossale de leur volonté et de leur impact sur le monde réel, leur monde, le vôtre, le nôtre. Ils sont nos guides vers la sobérisation, car ils la pratiquent depuis longtemps. Leur capacité de résilience et l’inépuisable fertilité de leur intelligence nous montrent le chemin.

Leur animal totem pourrait être le tardigrade : son nom signifie en latin : marcheur lent.

Un grand merci à Gilles Bœuf, le mentor de notre mission FNEP 2017, pour nous avoir présenté cet animal improbable. Selon la définition, « les tardigrades forment un embranchement du règne animal, regroupé avec les arthropodes et les onychophores au sein du clade (groupe monophylétique) des panarthropodes ». Privés d’eau et de nourriture, ils se replient en cryptobiose, ce qui signifie que les processus métaboliques observables sont considérablement réduits : le tardigrade est alors en état de stase jusqu’à réactivation de ses processus métaboliques (sortie de stase). La stase peut durer une trentaine d’années.

J’appelle de mes vœux la sortie de la « stase » du confinement pour que très vite on en parle au passé. Vite passons à l’ « ex-stase ». Extase !

Et si en inventant le concept #sobériser, innover pour un monde durable, nous vous avions simplement donné la liberté de créer le futur que vous appelez de vos vœux ?

Un futur à la fois numérique et sobre en ressource. Un futur digital et frugal. Un futur hybride. Un futur pluriel et individuel dans le respect du collectif. Dans un contexte d’abondance et d’expansion, ce n’est plus seulement la croissance de l’économie durable le Saint Graal mais la capacité à accepter l’infini des possibles et savoir faire des choix. Aucun renoncement, car choisir n’est pas renoncer, c’est exprimer un désir. Oser préférer, oser sublimer l’excellence, oser désirer sans avoir besoin de tout et toujours posséder. Oser apprécier, oser s’émerveiller, oser s’indigner et proposer, oser faire, oser se poser, oser se reposer. Oser être « facteur » de changement (vive les postières et les postiers !). Oser être le « facteur » et oser aussi présenter la « facture » de votre propre changement, dès maintenant, dans votre comportement.

Oser contribuer à la mesure de vos possibilités. Vous serez étonné par votre pouvoir de transformation. Oser le respect. Le respect de soi, de ses besoins, de ses limites, de ses imperfections et de ses talents. Oser aimer, oser célébrer, oser chanter les louanges avec la même force que l’on met à oser critiquer. Oser se connaitre, oser se reconnaitre. Oser faire tomber les masques. Oser respirer. Oser s’embrasser. Oser la liberté et la fraternité à égalité avec la sororité.

Oser faire entendre sa voix, oser affirmer sa voie, oser faire respecter ses choix. Avons-nous un autre choix ? Oser, c’est du courage. Oser, c’est avoir confiance, c’est « être » confiant.e.

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