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Visite Suède-Estonie – Les politiques environnementales et la sensibilité du public et des entreprises

En Suède

La conscience écologique est très forte en Suède, comme en témoigne le souci de la protection animale, de la propreté de l’eau et des ressources renouvelables. Les Suédois sont des partisans convaincus du recyclage.

Le discours accompagnant notre visite du centre de recyclage Retuna était marqué de pragmatisme économique plutôt que de militantisme en faveur de l’environnement.

Du côté des entreprises, PostNord nous a présenté une politique développement durable intégrée avec une feuille de route à l’horizon 2040 très étoffée sur la logistique urbaine, le transport et l’énergie. Ainsi, la toute première route électrique ouverte en Suède est le résultat d’un partenariat unique qui ouvre le champ du transport sans énergie fossile. Les camions à propulsion électrique opéreront en conditions réelles de trafic. PostNord a mis en place un fond climat en faveur d’investissements qui réduisent l’impact environnemental de ses opérations. Ces investissements sont valorisés en fonction d’un prix carbone interne. Les idées proviennent du personnel de l’organisation qui connait le métier au quotidien. Le montant de ce fond est au moins égal aux besoins de compensation carbone de l’ensemble des opérations de PostNord.

 

Par ailleurs, la rencontre avec le syndicat patronal suédois met en évidence une position qui se rapproche de la position allemande concernant les efforts des entreprises en faveur de l’environnement : les facteurs environnementaux ne sont pris en compte que comme des facteurs de compétitivité. Seules les forces du marché doivent structurer l’avenir des entreprises. Ces forces jouent dans le bon sens car les facteurs environnementaux sont exigés par les consommateurs et constituent donc des avantages concurrentiels. Est-ce la preuve d’une intégration déjà forte des différents éléments dans le positionnement des acteurs économiques ?

 

L’empreinte carbone de l’Estonie s’est améliorée, mais sur un point de départ très polluant ; aujourd’hui encore le mix énergétique est dominé par des centrales au charbon héritées de l’ère soviétique, et dépend à 85% des schistes bitumineux.

La politique de transition énergétique présentée par le ministère de l’environnement reste « modeste », en dépit d’un discours bien construit, conforme aux Objectifs de Développement Durable, et de l’engagement de multiples initiatives à l’occasion de la présidence de l’UE.

L’interrogation qui subsiste est celle de l’appropriation des problématiques environnementales par les citoyens. En particulier, leur attachement à l’automobile, marqueur social important dans un pays de développement récent, oppose un frein aux ambitions dans ce domaine.

Praxis et l’Institut environnemental de Stockholm nous décrivent deux écoles de pensée, pour les sujets liés au développement durable. L’une recherche une nouvelle harmonie avec la nature. L’autre est structurée par sa foi en le progrès technologique. Ces deux écoles ne parlent ne parlent pas le même langage, et le consensus tarde à émerger dans ce pays d’à peine 1,3 millions d’habitants, récemment accédé à l’indépendance. Mais au-delà de ces écoles de pensée, les enfants, citoyens de demain, ont, eux, une connaissance intuitive et plus juste des sujets environnementaux. Les Estoniens sont convaincus que l’investissement le plus intelligent qu’un pays puisse faire est celui permettant de former des jeunes citoyens intelligents. Tous les espoirs reposent sur cette jeune génération émergente.

La suite : le bois et les ressources forestières.