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Visite Pologne – la Sobriété Polonaise

LA SOBRIETE POLONAISE OU PAS…

e thème de la sobriété pris sous l’angle de la modération, d’une consommation mesurée, d’une maîtrise de l’utilisation des biens de consommation à leur juste valeur est une terminologie qui ne correspond  pas à l’heure actuelle à l’état d’esprit des Polonais. Nos différents interlocuteurs ont validé le point : le peuple Polonais s’inscrit à l’heure actuelle dans une politique de rattrapage et d’une augmentation de la consommation (supportée par la croissance du pays).

Ce mode de consommation s’appuie sur l’histoire récente de la Pologne. De la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’en 1989, le pays a vécu sous le joug d’un régime communiste. Durant cette période, règne alors une austérité et une sobriété que l’on dira contraintes.

La transition à l’économie de marché dès le début des années 90 a complètement modifié la société Polonaise, notamment dans son nouveau rapport à la consommation. Libérée du carcan de rigueur du gouvernement lié au régime soviétique, la population souhaite maintenant vouloir jouir d’une vie sans contrainte. Ce comportement apparait clairement dans le faible écho des réponses aux questions de développement durable au sein de d’une grande partie de la Pologne.

De plus, un sentiment de vulnérabilité persiste sur le plan de la sécurité nationale, principalement vis-à-vis de la Russie. Sur ce plan, la Pologne est plutôt tournée vers l’OTAN et les USA que vers l’UE.

Il est intéressant de relever que les politiques publiques nationales s’inscrivant dans des démarches de développement durable évoquées avec nos interlocuteurs sont impulsées et soutenues financièrement par l’Union Européenne. La complexité des relations actuelles avec l’UE rend la difficile une visibilité sur le positionnement polonais à court ou moyen terme vis-à-vis de ces démarches.

 

L’expérience Polonaise démontre que la notion de sobriété s’appuie sur une base culturelle et sociétale. Cette base peut être associée à la pyramide Maslow et à une pyramide inversée de la sobriété[1].
Pourquoi une pyramide inversée ? Les préceptes de la sobriété semblent reposer sur un positionnement dans les besoins secondaires (« ETRE ») de la pyramide de Maslow. Ce n’est qu’à partir de ce niveau que la sobriété souhaitée et non subie trouve un écho.

Sur cette base va se bâtir des réflexes ou des habitudes prônant ou non la sobriété comportementale, énergétique et consumériste. Les us & coutumes permettent de définir les actions à mener pour sensibiliser une population aux enjeux du développement durable. L’échelle de sobriété est bien rattachée à une situation économique et à une culture.

Il existe bien une corrélation entre la position d’un individu, d’une ville, d’une région, d’un pays sur l’échelle de Maslow et son positionnement sur l’échelle de la Sobriété. Plus l’individu, la ville, la région, le pays se trouve à gérer ses besoins secondaires « ETRE » plus il, elle serait enclin à prôner le « vivre mieux avec moins », « vivre mieux dans le respect de la Nature »…  Ceci va permettre d’indiquer les efforts à mener pour qu’une population puisse prendre conscience de l’action collective. Une des conclusions sur cette analyse peut-être celle de l’efficacité de l’impact sobriété sur un nombre limité de la population à l’échelle d’une municipalité ou régions (mais devant être sur le haut de pyramide de Maslow) vs un pays de 40 millions d’habitants.

Il en résulte une disparité au sein d’un même pays entre les initiatives menées localement (ville, région) et la direction prônée par un gouvernement centralisé. Cette disparité est logique car certaines villes (Wroclaw par exemple) grâce à leur développement économique, sociétal et culturel, peuvent se positionner sur le haut de la pyramide Maslow permettant de pouvoir lancer des initiatives de sobriété ciblées au plus près des citoyens. Leur agilité permet des actions concrètes et rapides dans un cadre de développement régional.

 
[1] «Vers la Sobriété Heureuse» de P. Rabhi chez Actes Sud