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Visite Chili – Innovation et développement durable

Une prise en compte croissante des enjeux environnementaux

Le Chili s’étire sur ses 4 300 kilomètres de long, du Pérou au cap Horn, avec une largeur moyenne de 180 kilomètres. Compte tenu de son étendue, il comporte des climats et des milieux naturels très particuliers. Le Chili bénéficie ainsi d’un patrimoine naturel remarquable : Patagonie, nombreux parcs nationaux, désert d’Atacama… Les aires protégées couvrent 18 % du territoire national. Ce patrimoine naturel est un facteur attractif pour le pays et contribue à développer une offre de tourisme orientée sur cette thématique.

Le Chili est soumis à de forts aléas liés aux risques naturels (séisme, tsunamis). D’autres enjeux environnementaux liés aux activités humaines sont également importants : problématique de pollution de l’air à Santiago, impact des activités minièresdéforestation

Le Chili a renforcé sa politique environnementale en 1993 (loi sur l’environnement), mais c’est seulement en 2010 qu’a été créé un ministère en charge de l’environnement. La réglementation environnementale est inspirée de celle mise en œuvre aux Etats-Unis. L’autorité de contrôle environnemental a le pouvoir d’arrêter l’exploitation d’un site industriel en cas de non-respect des prescriptions environnementales.

Comme dans d’autres pays, l’articulation entre les enjeux environnementaux et ceux liés développement économique  est une question qui fait encore débat. Un comité ministériel a récemment rejeté un projet minier et portuaire dans la région de Coquimbo, estimant qu’il ne garantissait pas la sécurité de la réserve nationale de manchots de Humbolt. Le ministre du Budget et de l’Economie ont démissionné pour manifester leur désaccord avec cette décision, dans un contexte pré-électoral (élections présidentielles dans 3 mois).

L’innovation sociétale : l’exemple de TriCiclos

La gestion des déchets est un enjeu important au Chili : décharges sauvages, incendies dans des décharges… Aucun organisme public n’a mis en place des systèmes de recyclage, qui est souvent le fait de glaneurs dans les rues. Sans subvention publique, il est très difficile de monter un business générant des revenus qui couvrent au moins les coûts.

La société TriCiclos a été créée en 2009 et exploite aujourd’hui 70 points de collecte au Chili, dont 24 à Santiago dans lesquels différents types de déchets recyclables sont ramassés. Avec ses 162 centres au Brésil, Triciclos dispose au total de plus de 230 stations de collecte. Certains centres arrivent à collecter jusqu’à 50 tonnes par mois.

Centre de collecte de déchets TriCiclos

Le business model de TriCiclos n’est pas basé sur le volume de déchets collectés mais sur le développement d’une offre de services (éco-design, diagnostics, collecte sélective, index de recyclabilité (logiciel), points de collecte, points de collecte mobiles, process économie circulaire, programmes éducatifs…). TriCiclos compte parmi ses clients de nombreuses marques (Coca Cola Chile, Nestlé, Unilever, Tetrapak, Codelco, Walmart, Danone…) et a un partenariat avec la chaîne de supermarchés Sodimac, qui le rémunère pour l’installation et l’exploitation de points de collecte sur ses parkings.

TriCiclos a été la première entreprise labellisée « B-Corp » en Amérique latine. Cette certification a été créée aux Etats-Unis en 2006 pour évaluer la performance des entreprises en fonction de leur impact positif sur la société et l’environnement.

 
TriCiclos : une entreprise certifiée « B-Corp »

La sobriété est au cœur de l’approche de TriCiclos, dont l’action vise à réduire durablement le volume de déchets. Le cœur de cible sont les déchets plastiques en lien avec la problématique croissante de pollution des océans. Triciclos promeut une approche d’économie circulaire. Il monte des programmes d’éducation environnementale auprès de la population pour les sensibiliser aux déchets induits lors de l’achat d’un produit. TriCiclos mène également des actions de lobbying auprès de l’administration et des industriels.

L’innovation technique au service du développement durable : l’exemple de ARSEPUR

ARSEPUR est une start-up franco-chilienne qui cherche à développer des solutions adaptées au marché local pour répondre à des enjeux environnementaux (gestion des déchets, gestion de l’eau). ARSEPUR nous a notamment présenté son projet en matière de traitement des déchets. Contrairement au procédé classique d’incinération (combustion en atmosphère oxydante), le procédé mis en œuvre est un traitement en atmosphère réductrice à haute température. Les gaz issus du procédé sont valorisés (production d’énergie) et l’eau contenue dans les déchets est récupérée. Le procédé est développé pour gérer tous types de déchets. Après avoir validé les briques technologiques sur fonds propres, ARSEPUR est à la recherche de financements pour réaliser un prototype industriel.

Suite : Un nouvel eldorado pour les énergies renouvelables